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 Vampire no Kodoku

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Louise
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MessageSujet: Vampire no Kodoku   Mer 14 Oct - 15:11

« Vampire no Kodoku »


Kunisaki et Sayo sont des frères et sœurs que le sort a séparé, Kunisaki inscrit à l'académie Cross et Sayo faisant ses études à des milliers de kilomètres de son frère. Mais suite à la lettre inquiétante de Kunisaki, Sayo décide de le rejoindre en vitesse en s'inscrivant à la même académie que lui.
Mais malgré la haine qu'éprouve Kunisaki envers sa sœur, il semble impossible de se détacher d’elle, comme si un lien incassable les réunissait…

« La solitude du vampire »



Moi qui m'étais promis de ne pas suivre le mouvement Vampire, c'est bien raté ! J'ai succombé... nan j'déconne '_' J'sais même pas pourquoi j'ai eu cette idée débile d'écrire une fic sur Vampire Knight, alors que je cris sur forums qui vives que ce mangas m'agace au plus au point. Je pense que j'en avais marre de voir des petites c*nnes écrire des fics en changeant le caractère et l'histoire des personnages juste pour assouvir leur fantasmes. C'est pourquoi je dis bye bye à toute l'histoire de Vampire Knight, finish ! 8D Aurevoir les personnages, le triangle amoureux Yuuki x Kaname x Zero, que du nouveau ! J'ai placé mes personnages dans un tout nouvel univer, totalement différent de l'ancien, j'espère que vous saurez l'apprécier. Je suis fière de mon histoire et surtout de sa fin, j'ai une affection particulière sur mon p'tit univer. J'espère que ça vous plaira :)
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Louise
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MessageSujet: Re: Vampire no Kodoku   Mer 14 Oct - 15:18

CHAPITRE 1 #

    Sayo,

    Pourquoi donc est-ce que je continue à t'écrire ? Je n'en sais rien et ça m'énerve, j'ai l'impression de ne rien contrôler. Je n'arrive pas à décider seul. Pourquoi ais-je ce sentiment incessant d'être observé ? Pourquoi, alors que nous sommes séparés, je sens toujours tes yeux s'appuyer contre moi ? Essayerais-tu d'être pardonnée ?

    C'est impossible, et tu le sais.

    Tu ne cesses de répéter dans tes lettres que tout a changé cette nuit là, que tout a changé pour nous. Mais c'est faux, je suis le seul. Tu n'as rien, toi. Tu es toujours celle que tu étais avant, celle que je pensais connaître. Quoi que tu fasses, quoi que tu dises, jamais je ne pourrai comprendre une telle chose. Tu me disais toujours que tu voulais que je reste à tes côtés. Tu as trouvé le moyen de nous séparer à jamais. Tu devrais savoir que jamais je ne pourrai devenir comme toi. Je vais mourir Sayo, et tout ça c'est ta faute.

    Ce ne sont pas tes regrets qui changeront mon avenir.

    Cesse de me répéter toujours les mêmes âneries comme quoi boire ton sang fera que tout ira mieux. Je ne veux pas être comme ça, et boire ton sang n'y changera rien. Je préfère mourir que de faire une chose pareille. La mort m'effraye bien moins en comparaison. Peut importe, rien n'a de l'importance à présent. Si je dois crever, alors ça arrivera et tu ne pourras rien n'y changer.

    Kunisaki.



    Sayo avait relu de nombreuses fois la lettre, ses yeux embrumés par les larmes l'empêchaient de distinguer les mots et les phrases vers la fin. Elle avait finit par avoir l'habitude ses lettres, assassines. Elles dégageaient toujours la même haine et la même violence, pourtant à chaque fois Sayo espérait y trouver un peu de douceur, de gentillesse, de pardon. En fait, elle était tout bonnement naïve. Elle se contentait de d'ignorer ce pincement au cœur qu'elle avait à chaque fois qu'elle recevait une de ces lettres. A chaque fois, elle savait ce qu'elle allait y lire, pourtant elle attendait toujours impatiemment de ses nouvelles. C'était la seule chose qui lui permettait d'être avec un lui, même un peu.

    Sayo savait que Kunisaki la détestait, elle le savait parfaitement. Elle en connaissait la raison, d'ailleurs. Malgré les nombreuses excuses qu'elle lui avait donné, il ne lui a jamais pardonné sa lâcheté et son égoïsme. « Tout peut changer en une nuit », c'est si vrai. Sayo ne pouvait pas le blâmer, il avait raison. Mais elle comprenait son geste, elle avait eu peur, bien trop peur. Si elle avait su qu'en effectuant cela, elle serait séparée de son frère, jamais elle ne l'aurait fait. Tout ce qu'elle voulait, c'était être avec lui. Sayo n'aime pas être seule, elle déteste ça.

    Elle serrait le bout de papier humide signé de la main de son frère contre son cœur, peut être souhaitait-elle que cela répare le trou énorme qu'il y avait dans son âme depuis tout ce temps. Cette lettre ne changeait pas beaucoup de toutes les autres qu'elle avait reçut au cours de ces dernières années, à chaque fois elle ressentait l'envie de le voir. De le rejoindre. Elle supportait de moins en moins de ne plus voir son visage, de ne plus entendre sa voix. Elle savait que si elle s'inscrivait dans la même académie que lui, il ne le supporterait jamais. Il n'avait certainement pas la moindre envie de la revoir.

    Sayo était égoïste et ne manquait pas une occasion de le prouver.

    Peut importe, elle le ferait. Le mot « mort » lui avait donné des frissons si fort que son corps tout entier c'était mis à trembler. Il ne pouvait pas mourir, impossible. Cette notion lui était totalement inconcevable. Elle savait qu'elle pouvait faire quelque chose pour l'aider, même quelqu'un chose d'infime. Elle ne supportait pas l'idée d'attendre bien sagement que la mort vienne le cueillir. Elle voulait empêcher cela, elle ne souhaitait que cela.

    Tout c'était passé avec une vitesse incroyable, son esprit n'avait pas eu encore le temps de comprendre ce qui ce passait que Sayo avait contacté Yoshitake Kurosu pour s'inscrire dans son académie. Elle avait finit par totalement quitter son corps, se contentant de se regarder agir et parler. Elle était devenu spectatrice d'elle-même, ne retrouvant la capacité de réfléchir pleinement que quand elle se retrouva devant d'immenses grilles noires.

    Tout s'était passé si vite pour elle qu'elle avait l'impression d'être venu ici à la seconde même où elle avait finit de lire la lettre de son frère. Il y a quelques minutes, elle se trouvait encore aux Etats-Unis dans une région perdue, nuageuse et pluvieuse et à présent, elle se retrouvait au Japon devant le portail de l'Académie Cross. Cela faisait combien d'années qu'elle n'avait pas touché le sol de son pays natal ? Quatre ans, tant que ça.

    Elle ne se souvenait plus exactement pourquoi elle avait quitté le Japon, alors qu'elle l'aimait tant. Il n'y avait rien qui ne l'intéressait aux Etats-Unis, obligée de vivre sous une brume glacé tous les jours de l'année n'avait rien de réjouissant. Même si elle avait finit par s'habituer à ce climat, celui du Japon lui manquait terriblement. Elle éprouva un certain plaisir à sentir le vent s'engouffrer dans ses cheveux pour s'enfuir avec le parfum qu'elle avait mis quelques heures plus tôt.

    Elle se trouvait là, totalement droite et tenant un vulgaire sac noir abîmé à bout de bras. Elle se demandait si elle devait appeler quelqu'un, un cadenas tenant fermé l'imposant grillage en face d'elle. Alors qu'elle soupirait pour la énième fois, des bruits de pas la sortirent de ses pensées. Se retournant, elle vu une silhouette noire se précipiter vers elle. Il courait vite, mais ses jambes partaient dans une drôle de direction, comme s'il ne les contrôlait plus. En quelques secondes, il se stoppa net devant Sayo. Les mains sur les genoux, le dos courbé, il haletait bruyamment. Son corps tremblait de toute part, les mèches de ses cheveux bonds partaient dans tous les sens, les lunettes posées sur son nez semblaient prêtes à tomber, à s'écraser sur le sol. Sa respiration était courte et saccadée, Sayo, prise au dépourvu, semblait incapable de faire quoi que ce soit :

    - C'est vous... Sayo... Ta...achi...ana ?
    - Euh, oui je suis Sayo Tachibana, répéta-t-elle comme pour s'assurer qu'il sache prononcer correctement son nom.

    Tombant à genoux, ses lunettes qui glissaient sur son nez finirent leur course sur le sol, le jeune homme étant bien trop fatigué pour s'en rendre compte. S'agenouillant face à lui, elle ramassa ce qui lui appartenait pour le lui rendre, il la remercia par un vulgaire signe de main :

    - Je vous... cherchais... partout, dit-il dans un effort considérable.
    - Ah bon ? Pourquoi ?

    Il remonta si vite et si soudainement son buste qu'il manqua de peux de percuter Sayo à la tête. Il mit sa main en avant, espérait-il qu'elle la lui serre ? Il avait un visage d'enfant posé sur un corps d'adolescent. Le rouge aux joues, de grands yeux noirs, du gel dans des cheveux blonds qui n'avaient rien de japonais, ses lunettes posées de travers... il avait un petit air naïf plutôt attendrissant. Sa poitrine se gonflait en harmonie avec sa respiration qu'il souhaitait plus discrète. Légèrement hésitante, Sayo finit par serrer la main de son interlocuteur. Il réussit même à lui décrocher un sourire, ce qui est assez rare chez elle, avouons-le :

    - Je me présente, je m'appelle Kenji Inagaki ! Chargé de discipline de l'Académie Cross. Bienvenue ici, jeune américaine !

    « Jeune » ? Sayo butta sur ce mot, à côté de lui, c'était une jeune femme mature et mère de famille. Il avait récité cela avec un manque total de spontanéité, soit c'était un trait de caractère, soit il avait répété ça devant sa glace pendant des heures. Il semblait moins essoufflé, il réussit même à se lever sans sembler peiner plus que ça. Dans un geste héroïque et particulièrement galant – ironie, quand tu nous tient -, il prit le sac de Sayo et l'invita à entrer. Courir lui avait fait sûrement fait perdre la mémoire, il se prit le portail en pleine figure. Ne savait-il pas que les grilles étaient fermées ? Bafouillant un semblant d'excuses minables, il sorti une petite clef et ouvrit ce qui allait leur permettre d'entrer. Elle avait du mal à croire que cet asticot puisse être responsable de la sécurité, en tout cas il ne devait pas servir à grand-chose.

    Espérons que son collègue soit plus compétent.

    Ils marchèrent un petit moment en silence, malgré les quelques tentatives de Kenji pour mener à bien une conversation, elles se terminaient toutes par un échec cuisant. Sayo n'avait pas envie de parler. Dans l'établissement régnait un calme pesant, presque surnaturel. Ils étaient en plein milieu de l'après-midi et pourtant, l'Académie semblait être morte. Alors qu'ils se dirigeaient vers son dortoir, Sayo se décida à prendre la parole. Une occasion inespérée pour Kenji qui avait depuis longtemps abandonné l'idée de lui parler :

    - C'est silencieux, ici.
    - Euh... oui, là, les élèves de la Day Class sont en cours donc on ne risque pas de rencontrer qui que ce soit. Mais lors du changement de classe, les cœurs s'échauffent, dit-il toujours avec un sourire presque énervant à la longue.
    - Vraiment ? Pourquoi ? demanda Sayo en tentant de justifier cette question par une vulgaire curiosité.
    - Les élèves de la Night Class sont tous très beaux, intelligents et populaires. Donc tous les élèves de la classe du jour tentent de les approcher. Ce n'est pas une tâche facile de les faire reculer, ils sont coriaces ! s'exclama-t-il avec un enthousiasme qui paraissait honnête.

    Sayo ne l'imaginait pas un instant faire preuve d'autorité, au contraire, elle le voyait plutôt se faire marcher sur les pieds par une foule de jeunes filles amoureuses. Ce personnage avait beau être plutôt inintéressant, elle le trouvait énigmatique et mystérieux. Soit il avait tendance à tout voir du bon côté, soit il cachait avec perfection le moindre de ses sentiments. Elle supposa qu'il ne devait pas être très apprécié par les filles de sa classe, ne ressentait-il pas de jalousie envers les Night Class ? Etait-ce possible d'être toujours joyeux, quoi qu'il arrive ?

    Elle le trouvait intriguant.

    Alors qu'elle scrutait l'arrière de sa tête avec attention, ils arrivèrent à son dortoir. Il mit un moment avant de réussir à ouvrir la porte, il s'était trompé de sens. Préférant ignorer ce détail pour qu'il garde un semblant de dignité, elle entra dans la pièce. La tapisserie était simple, monotone, sans goût et assez sombre. Il y avait deux lits simples avec des draps bleus. Sur celui prêt de la fenêtre était posé son uniforme, parfaitement plié. Kenji alluma la lumière et posa le sac noir à côté du nouveau lit de Sayo. Désignant le lit à l'opposé, il prit la parole avec son entrain habituel :

    - Ta camarade de chambre s'appelle Yuki Sakuraba. Elle a un an de moins que toi, mais vous vous entendrez sûrement très bien !
    - Certainement, ajouta Sayo avec son ton toujours aussi neutre.
    - Tu n'es pas obligée d'aller en cours aujourd'hui, repose-toi, tu as fais un long voyage.

    Elle ne répondit pas, elle était occupée à fixer la fenêtre, celle-ci donnait sur le Pavillon de la Lune. Beaucoup de filles auraient tué pour pouvoir avoir cette chambre. En saluant Sayo et en manquant de peu de tomber par terre, Kenji reparti en fermant la porte derrière lui. Elle oublia presque immédiatement l'intérêt qu'elle lui avait accordé quelques minutes auparavant. Elle n'était pas là pour lui.

    Enfilant son uniforme, elle décida d'aller en classe pour se présenter. Peut importe son sens de l'orientation inexistant, elle ne supportait pas l'idée de rester là, à ne rien faire une minute de plus. Après s'être passé un petit coup de brosse sur ses longs cheveux bruns, elle se dirigea vers la porte.

    Rencontrer ses futurs camarades de classe lui fera passer le temps avant de revoir son frère.
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Louise
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MessageSujet: Re: Vampire no Kodoku   Mer 14 Oct - 15:20

CHAPITRE 2 #

    Ce serait mentir que de dire que Sayo aimait se perdre, mais ça n'en était pas si éloigné. Si elle avait trouvé sa classe immédiatement, elle aurait été obligée de suivre un cours qui devait certainement être long et ennuyeux. Devoir rester debout devant des dizaines d'yeux qui la fixaient d'un air interrogateurs ne l'enchantait pas, être obligé de dire telles ou telles âneries sur sa vie passée ne lui plaisait guère plus. Que pourrait-elle répondre à leurs questions inutiles ? Peut être souhaiteraient-ils en savoir plus sur sa famille ? Ses parents sont décédés et son frère la déteste, rien de bien captivant. Elle n'avait pas la moindre envie de sentir sur elle leurs regards remplis de pitié, elle ne voulait pas qu'on la plaigne. En fait, elle voulait juste être seule.

    Ou en compagnie de son frère, c'est encore mieux.

    Sayo n'aime pas la solitude mais la seule personne qu'elle veut à ses côtés, c'est son frère. Le seul qui importe, le seul qui compte. Elle se fiche du reste, elle ne veut que lui. Vivre quatre ans sans pouvoir entendre sa voix était un supplice considérable, il lui manquait tellement. Aux Etats-Unis, elle n'avait personne. Elle était la beauté glacée venant du Japon, on était fasciné par elle mais personne n'osait l'approcher. Son regard aux reflets dorés vous envoyait des éclairs si puissants que l'on pouvait avoir l'impression de mourir sur place. Mais succomber à cause d'un regard, n'est-ce pas une belle mort ?

    Alors qu'elle arpentait les couloirs d'une démarche silencieuse et féline, elle imaginait son visage, maintenant. Avait-il grandit ? Ses cheveux avaient-ils changés ? Elle essaya de se souvenir ce qu'elle ressentait quand elle le prenait dans ses bras, la chaleur de son corps contre le sien. Elle voulait l'embrasser, déposer ses lèvres sur les siennes, quelque chose qu'elle n'avait jamais pu faire. Elle frissonna et un sourire se fabriqua sur son visage. Elle allait le revoir, enfin.

    Elle avait presque totalement oublié la raison pour laquelle elle se trouvait là, à se balader seule dans les couloirs. Si elle se faisait prendre, elle passerait sûrement un sale quart d'heure. Pourtant, cette idée ne lui traversa pas une seconde l'esprit et elle continua de marcher, silencieusement, comme glissant sur le sol. Elle n'avait aucun moyen pour trouver sa classe à moins de trouver quelqu'un.

    Au détour d'un couloir, elle tomba sur le fameux « Quelqu'un ».

    Pour être honnête, Sayo était légèrement soulagé. Au moins, il serait deux à passer un mauvais moment s'ils se faisaient surprendre. C'était un jeune homme, visiblement de son âge, adossé au mur. L'air dirigé sur le sol, il n'avait pas remarqué la présence de Sayo qui en était d'ailleurs plutôt contente. Les bras croisés, il était grand et avait une posture très classe. Ses cheveux lisses et d'un noir de jais passaient devant ses yeux. L'on pourrait presque croire qu'il s'était endormi debout.

    Cessant d'attarder son regard sur sa personne, elle décida de continuer sa route et de faire comme si de rien était en passant devant lui le plus silencieusement possible. Alors qu'il n'était plus dans son champ de vision, un petit courant d'air chaud vint lui caresser la nuque :

    - C'est pas gentil de ne pas dire bonjours.

    Se retournant violemment, le visage du jeune homme aux cheveux d'un noir de jais n'était plus qu'à quelques centimètres du sien et affichait un sourire qui semblait sans faille. Apparemment, les gens d'ici étaient toujours de bonne humeur :

    - Bonjours ! lança-t-il en direction de Sayo qui était encore assez choquée.
    - Euh... bonjours.
    - Désolé, je vous ais fais peur ? rétorqua-t-il avec un air qui demandait le pardon.
    - A peine, dit-elle avec un rire ironique.

    Il se redressa, il était vraiment immense ou c'était Sayo qui était particulièrement petite. Ils ne s'étaient pas énormément parlés, pourtant ce personnage l'énervait déjà. Elle n'avait qu'une envie, partir d'ici au plus vite et surtout... que ce géant arrête de la fixer comme ça, c'était gênant :

    - Je m'appelle Katsuya Ueno, et vous ?
    - Sayo Tachibana, répondit-elle avec le ton le plus neutre possible.
    - Votre visage ne me dit rien, vous êtes nouvelle ?
    - Oui.
    - Ah, j'en étais sûr. Vous êtes si belle, je savais que jamais je n'aurai pu oublier un tel regard.

    Quel beau parleur, pensa-t-elle. Elle n'avait vraiment pas de chance, sur tous les garçons sécheurs qu'elle aurait pu rencontrer, elle tomba sur le dragueur de première. Il n'était quand même pas resté planté là à attendre qu'une belle demoiselle se pointe dans le but de lui servir tout un tas de vieilles paroles en guimauves ? Il était rapide, en plus. Elle n'avait même pas eu le temps de sentir la chaleur de sa main sur la sienne qu'il y avait déposé un léger et rapide baiser. Enlevant d'un coup sec sa main, elle le défiait du regard.

    - Je m'excuse une nouvelle fois, je n'ai pas pu m'en empêcher.
    - Oui, je suis sûre que dès que vous voyez une fille, vous éprouvez une irrésistible envie de lui baiser la main.
    - C'est le devoir de tout bon gentleman.

    Sayo riait intérieurement. Lui ? Un gentleman ? Il ne pouvait savoir à quel point il se trompait de route, un gentleman se tait et se contente de faire tout ce qu'on lui demande. Il l'insupportait, si elle pouvait s'enfuir en courant en sachant qu'il ne la suivrait pas, elle le ferait. C'était un pot de colle, sans aucun doute. En plus, il lui servait cet insupportable sourire qui ne semblait pas le moins du monde sincère.

    - Que fait ce bon gentleman dans les couloirs ? Il sèche ?
    - Oui, dit-il le plus sincèrement du monde, pour une fois.
    - Bravo, quel exemple, souffla-t-elle en croyant avoir touché un point faible.

    Il ne semblait pas offusqué, gêné, vexé. Il ne semblait même pas amusé de la situation, c'était comme si tout lui passait par-dessus avec une facilité fascinante. Vu sa grandeur, les points négatifs devaient sûrement faire des bons de géants pour s'échapper. Il se retourna, observant les alentours.

    - J'attends que la chargée de discipline vienne me chercher ! dit-il avec un entrain qui frôlait la connerie.
    - La chargée de discipline ? répéta-t-elle, soudainement curieuse.

    Alors, en plus de ce Kenji, il y avait une fille. Et bien, ils ne devaient pas être très compétents, même à deux.

    - Pourquoi donc l'attendez-vous ?
    - Parce que... c'est ma Yuyu-chan à moi ! répondit-il avec un immense sourire.

    Sayo aurait voulu rire à ce surnom ridicule, mais tout se passa dans une vitesse incroyable. Des pas précipités, un bruit métallique, Katsuya éjecté avec force sur le mur à côté de lui et une fille au regard de feu en direction de sa malheureuse victime :

    - OSE REPETER CA ET TU SAURAS CE QUE C'EST LA SOUFFRANCE !
    - Yuyu-chan... articula difficilement Katsuya, ses yeux remplis d'étoiles dirigées vers la fille qui lui faisait face.

    Telle une tornade, elle avait surgit de nulle part. Sayo était tombée à terre avec Katsuya, tous deux fixaient « Yuyu-chan », mais chacun d'une manière différente. Alors que lui semblait ravi de la voir – malgré son état de choc -, Sayo la regardait avec un air terriblement choqué et surpris. Des yeux assassins, de longs cheveux noirs attachés en deux couettes longues et parfaites qui lui touchaient le dos. Un air assuré et fière, un bras en avant tenant une immense tige métallique planté dans le ventre de Katsuya. Une légère tinte rouge colorait ses joues, son uniforme était porté négligemment et sa jupe visiblement raccourcie laissait apparaître deux jambes musclés habillées de longues chaussettes noires.

    - Arrête de m'appeler comme ça espèce d'abruti ! ordonna la fille au regard de feu, la voix légèrement plus basse.
    - Mais, Yuyu-chan ! supplia Katsuya en se relevant en douceur, comme si de rien était.
    - Mais arrête, bon sang ! dit-t-elle en ayant visiblement retrouvé son calme.

    Son visage, cependant toujours aussi en colère, se dirigea vers Sayo, celle-ci ne pu éviter un frisson. Ce serait mentir que de dire qu'elle n'avait pas peur de cette fille. Un mouvement sec de la main et la tige en métal se referma. A peine l'avait-elle rangée dans une de ses poches qu'elle aida Sayo à se relever, elle avait une grande force physique. A présent, émanait d'elle une sorte de lassitude :

    - T'es la nouvelle, c'est ça ?
    - Oui, c'est Sayo Tachibana, rajouta Katsuya. Il n'en fallut apparemment pas plus pour réveiller son instinct de tueuse.
    - FERME-LA ABRUTI ! On avait un examen aujourd'hui ! T'as rien trouvé de mieux à faire que de sécher ?! hurla-t-elle en se retournant pour fixer Katsuya.
    - Mais tu veux jamais qu'on soit seul tous les deux, c'était l'occasion ou jamais ! protesta Katsuya en cherchant de la pitié dans les yeux de la fille.
    - Nan, mais je rêve ! T'es qu'un con ! Maintenant retourne en classe, immédiatement !
    - Mais, Yuyu-chan ! supplia Katsuya.
    - Espèce de...

    Elle grinçait des dents, ses points étaient si serrés que ses ongles rentraient dans sa chair, sa peau virait au rouge tomate. Pourtant, Katsuya continuait de sourire en direction de sa chère chargée de discipline. Il avait un grain, ce type. Sayo, espérant calmer ce jeu qui devenait vraiment inquiétant, tapota l'épaule de la jeune fille. Mieux valait changer de sujet, le plus vite possible.

    - Je suis nouvelle, donc. Mais je me suis perdue et je ne sais pas quelle est ma classe.

    Elle se retourna en un éclair, fusillant du regard Sayo qui eu un mouvement de recul. Puis, alors que sa peau retrouvait lentement sa couleur naturelle, son visage redevint calme et elle daigna lui répondre :

    - Normalement, tu es dans la notre. M. Kurosu m'a informée de ta venue hier, mais je ne pensais pas que tu voudrais déjà venir en cours.
    - Si, je préfère.
    - Hum, d'accord, susurra entre ses dents la jeune fille qui semblait loin d'être ravie de cette nouvelle. Dans ce cas, suis-moi, on retourne en classe. L'abruti aussi, tu viens.
    - Tu es méchante, Yuyu-chan !
    - Rah, la ferme !

    Alors qu'elle partait de pas pressés dans le sens opposé, Sayo se mit à la suivre tout en pensant à une chose :

    - Comment vous vous appelez ?
    - Yuka Chosokabe, répondit la dite Yuka sans se retourner.

    Katsuya se mit à la suivre en sautillant, Sayo s'était arrêtée un instant, les regardant de dos. Elle se demandait ce qu'ils devaient vraiment ressentir l'un pour l'autre, pourquoi ce Katsuya s'intéressait-il à elle et non pas à une Night Class ? Pourquoi semblaient-ils à la fois si éloignés et si proche ? En voilà des questions à la quelles Sayo pourrait réfléchir cette nuit, elle promettait d'être longue.

    Et alors qu'elle se décidait à les rejoindre, elle se dit que tous les gens ici avaient vraiment des caractères bien à eux.
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MessageSujet: Re: Vampire no Kodoku   Mer 28 Oct - 17:17

CHAPITRE 3 #


    Kunisaki ne saurait dire s'il avait un sixième sens ou un simple instinct. Tout ce qu'il pourrait affirmer avec certitude, c'est qu'il ne se trompait jamais. Cela n'était pas du à son intelligence, oui car de toute la Night Class, il était sans conteste le plus idiot. D'ailleurs personne ne se gênait pour le lui faire remarquer, c'était un peu une tâche parmi tous ces gens qu'il regardait avec mépris. Tous ces gens qu'il haïssait tant. Mais il possédait donc une chose qu'aucun de ces bourgeois prétentieux n'avaient, un instinct – ou un sixième sens, donc - imparable. Il pouvait prévoir n'importe quoi. Il devinait s'il allait pleuvoir, si ce serait une bonne ou une mauvaise nuit et s'il allait encore devoir supporter les blagues d'un ridicule inimaginable que lui accablaient les professeurs. Encore une fois, une petite voix dans son être lui avait soufflé qu'il allait être contraint de revoir une vieille connaissance.

    Et bien sûr, pour la seconde fois de sa vie, il ne l'écouta pas.

    Finalement, dès qu'il arrivait quelque chose de grave ou d'important, qui aurait un impact considérable sur sa vie ou celles de ses proches, il n'écoutait pas cette voix. Il l'ignorait, comme espérant qu'elle se serait trompée, qui sait ? Il croyait sincèrement que ce n'était qu'une erreur, que rien ne se passerait. Que tout continuerait, comme d'habitude. Comme cette nuit là, il a crut que ce n'était rien et qu'elle serait comme toutes les autres.

    Pourtant cette voix suraiguë lui avait fais signe de se lever plus tôt, de s'habiller vite et de descendre avant tout le monde. C'est pourquoi il était là, une heure avant le changement de classe, assit sur un des immenses et confortables canapés du salon, regardant le dehors par la fenêtre. Le dos courbé, les coudes sur les genoux, sa cravate couleur sang faisant des mouvements de vas et viens particulièrement précis. Son regard aux reflets argentés guettait le ciel d'un air monstrueusement glacé. Il n'avait pas encore mis sa veste, celle-ci jonchait sur le sol. Elle était précédemment tombée mais il ne s'en était même pas aperçut dans la contemplation du Pavillon du Soleil. Il imaginait leurs vies, si simples. Il donnerait n'importe quoi pour être comme eux, ne pas être un monstre buveur de sang dont l'odeur de celui-ci leur en fait perdre la tête au point de mordre. De tuer.

    Il repassa le visage de ceux dont il était obligé de supporter la vue à chaque instant, qu'avaient-ils de si spéciales ? Pourquoi donc les attiraient-ils tant ? Lui, il donnerait n'importe quoi pour leur enfoncer un pieu dans le cœur et les regarder mourir. Oui, il éprouverait un plaisir immense à les faire disparaître de la surface du globe. Pourtant, il savait parfaitement que jamais il ne pourrait le faire. Entre eux et lui, il était en position de faiblesse. A côté d'eux, il n'était rien. Il ne valait rien.

    Des bruits de pas le sortirent de sa rêverie, il dut quitter avec mécontentement les images de ses camarades morts de sa tête. Saluant pour la dernière fois cette envie interdite et irréalisable. Il reconnaissait bien cette façon de marcher, oui, il était sûr de l'avoir reconnu. Il soupira intérieurement, ne déplaçant pas un seul de ses muscles vers son nouvel interlocuteur. Enfin, son interlocutrice en l'occurrence :

    - Pourquoi t'es debout si tôt, toi ? soupira la voix féminine qui provenait de l'escalier.
    - J'sais pas.

    Elle ne répondit pas, comme habitué à son mode de fonctionnement stoïque, ne dévoilant aucunement ses sentiments. Elle s'approcha de lui dans un silence pesant pour finalement placer son visage devant le sien, coupant la vue qu'avait Kunisaki sur l'extérieur, sur l'idée qu'il se faisait de la vie. Il se contraint donc à la regarder, le simple fait de déplacer ses pupilles vers elle semblait être un effort considérable.

    - Ca ne te ressemble pas ! D'habitude, tu es toujours le dernier à te lever ! annonça-t-elle avec le sourire matinal le plus éblouissant du monde.
    - Et alors ?
    - Et alors ça mérite des explications !
    - Ta gueule.

    Le ton était donné, cependant Momoko ne changeant pas son visage rayonnant, se contentant de rigoler en disant qu'il ne changerait jamais. Elle se releva et commença à marcher dans le salon, sans direction précise. Ses cheveux roses galopant derrière elle, maintenant ils s'arrêtaient en bas du dos. Elle se les était donc coupée.

    Momoko faisait partis des gens qui agaçaient le moins Kunisaki, étrangement. Son caractère jovial et sans défaut l'insupportait, mais au moins elle le laissait tranquille. Elle ne le forçait pas à parler et savait quand elle devait s'arrêter de lui adresser la parole. Elle était également l'une des seules à ne jamais lui faire la moindre réflexion concernant son incompétence. Elle était... gentille.

    Kunisaki chassa ce compliment de son esprit, dire du bien des gens ce n'était pas son genre, à vrai dire. Il n'entendit pas les autres arriver, ce ne fut quand il sentie le poids de sa veste jeté sur son visage qu'il ne le comprit.

    - Range tes affaires, jeta froidement Takeru en s'asseyant sur le dernier fauteuil libre.
    - J't'ai rien demandé, répondit Kunisaki avec la même voix.
    - Commencez pas vous deux, j'en ai marre de vos incessantes altercations, commenta Naoko.

    Les deux se turent, effectivement, ils avaient tendances à souvent se battre. Difficile de savoir à qui appartenait la faute, ils avaient le même tempérament et le même caractère, absolument invivable. Takeru était l'un des Night Class les plus populaires, mais c'était uniquement pour son physique. Il effrayait tout le monde, son regard de feux semblant jeter des éclairs à quiconque ose le regarder dans les yeux. Ses cheveux d'un noir corbeau, toujours mal coiffé et mal entretenu, tombaient sur sa nuque et sur son front d'un façon étrangement élégante. Mais c'était également le plus amoureux du sang, il consommait bien plus de Blood Tablet que n'importe qui et avait déjà eu des excès. Il avait déjà faillit tuer une élève, une nuit.

    C'était par ailleurs l'exacte inverse de Naoko qui ne semblait boire du sang uniquement par besoin. Elle ne prenait que peux de Blood Tablet et s'en accommodait parfaitement, cela devait bien faire des années qu'elle n'avait pas prit de vrai sang. Les Day Class aimaient son côté sérieux et autoritaire, et également son physique dur. Une coupe carrée, des yeux avec une expression difficile. Cependant elle n'était que très loin derrière Momoko et Akemi.

    D'ailleurs, elle était là, elle aussi. Kunisaki s'était levé pour enfiler sa veste, il la remarque en bas des escaliers, scrutant une petite porte à l'étage. Il fallait bien le dire, elle avait l'allure parfaitement d'une héroïne de shojo. Toujours un rouge prononcé sur les joues, ses longs cheveux bruns bouclés réunit d'un seul côté, des yeux toujours tristes et hésitants, elle attendrirait n'importe qui. Pourtant, cela ne ressemblait en rien à son caractère. Méchante, cassante, elle n'écoutait personne et n'avait du respect pour personne. Enfin, sauf pour Kazuki, évidemment.

    C'était sa porte à lui qu'elle fixait avec attention, sûrement attendait-elle qu'il descende. Lui qui était toujours le premier, voilà qu'il tardait à venir. C'était un peu le Dieu de tout le monde, on l'idolâtrait de toute part, aussi bien dans la Day que dans la Night Class. Tout le monde le respectait et l'aimait. Evidemment, c'était un sang pur.

    Il était plus que beau, il était parfait. Il serait impossible de le décrire puisqu'il n'avait pas le moindre défaut, même Kunisaki ne lui en trouvait pas. Pourtant, s'il pouvait dire comme il le haïssait, plus que tout au monde. Plus encore que les autres abrutis présent dans cette pièce, plus encore que sa sœur. Il ne put s'empêcher de le fusiller du regard et de serrer les points quand il le vit descendre, de sa démarche assuré et son uniforme sans le moindre plis. Tout le monde se tu, il n'y avait que Ryo pour parler dans un moment comme celui-là.

    - T'en as mis du temps, Kazuki.
    - Maître Kazuki, dit Akemi en le regardant avec des yeux ronds.
    - Désolé, j'ai mit un peu de temps à me réveiller.

    Les conversations purent alors reprendre, tandis qu'il réajustait sa cravate et repassait sa main dans ses cheveux d'un brun délicat. Kunisaki n'avait même pas vu qu'il continuait à le fixer de ses yeux furieux, comme espérant qu'il pourrait finir foudroyé.

    - Que veux-tu, Tachibana ?

    Kunisaki eu un mouvement de recul, il venait de se rendre compte de ce qu'il faisait. Il ouvrit la bouche pour répondre mais il entendit un claquement, puis il sentie une grande chaleur sur sa joue.

    - Cesse de le regarder comme ça !
    - Akemi, arrête ! ordonna Kazuki dans sa direction.

    La main sur la blessure qu'elle venait de lui causer, des yeux remplis de surprise, il ne comprenait pas tout. Pourtant il ne lui fallut qu'une seconde pour éjecter la main de Kazuki, posé sur son épaule.

    - Ne me touche pas, dit-il en rentrant ses yeux remplis de haine dans les siens, si calmes.
    - Pardonne-la.

    Il ne répondit pas et se contenta de se rendre à la porte, l'heure approchait, il était temps d'y aller. Partant le premier, il savait qu'il ne risquait rien, il n'était pas vraiment populaire. Alors que les autres le rejoignaient d'un pas lent, il ouvrit de lui-même les porte, provoquant des cris dans la foule. Contrairement à ce qu'il espérait, certaines filles semblaient heureuses et de sa présence. En plus, le temps que Yuka et Kenji effectuent leur travail, ils l'avaient déjà rejoins. S'avançant d'un pas pressé dans la foule, il éjectait les filles qui l'approchaient, se contentant de regarder devant lui et d'ignorer toutes les filles qui voulaient lui parler.

    Réussissant son coup, il finit par sortir de cette marée de fille et à se diriger vers les salles de cours sans que personne ne s'en aperçoive. Peut importe les cris de ces dégénérées, les bruits de souffrance que poussait Kenji, écrasé par la foule. Et surtout peut importe les trois idiotes qui criaient son nom, se demandant où il était passé. Kunisaki n'avait qu'une envie, goûter à une nuit sans surprise où il ne se passe rien.

    Il voulait que son foutu instinct se soit bel et bien trompé.


    La nuit avait à peine commencé que Kunisaki, le corps avachit sur sa table, dormait à point fermé. Sans aucun doute, durant ce temps quelques Night Class devaient faire des réflexions, quel manque de classe. Ce mec n'avait rien pour être parmi eux, étrange qu'on l'ait accepté en ces lieux et en leurs compagnies.

    Relevant doucement la tête, il avait été réveillé par une question de Ryo, quel con, sérieux.

    - Tu m'veux quoi ?
    - Une fille m'a donnée ça pour toi tout à l'heure.
    - J'en ai rien à faire, jette le.
    - Tu ferais mieux de le lire, conseilla Ryo en laissant le bout de papier à côté de Kunisaki.

    Pensant certainement que ce n'était qu'un vulgaire mot d'amour écrit par une de ces sombres idiotes, il l'ouvrit en se disant que ça le distrairait :

    « Ce soir à 0h00, près de la fontaine. »

    Les yeux rivés sur ces deux phrases, il se mit soudainement à trembler. Il reconnaissait cette écriture féminine, cette maudite écriture. Il regarda la pendule accroché au mur, celle-ci annonçait avec un « Tic tac » perturbant : 0h12.

    Se levant brusquement, il ne répondit pas aux regards choqués et se précipita vers la porte en courant. Il ne contrôlait plus ses jambes, il allait à une vitesse hallucinante. La fontaine était à l'opposé, il devait se dépêcher. Il savait qui il allait y trouver, il savait ce qu'elle lui dirait.

    Mais il ne pouvait se résoudre à ne pas la voir.

    Il arriva enfin, sortant à l'extérieur, il regarda la fontaine qui jetait cette eau si bleu et lumineuse si bien qu'elle semblait avoir un colorant spécial. Totalement essoufflé, il resta cependant debout à scruter les lieux. Et malgré sa respiration précipité, hésitante et bruyante, il distingua sa voix, celle qu'il n'avait jamais pu oublier :

    - Grand frère !
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MessageSujet: Re: Vampire no Kodoku   Mer 28 Oct - 21:30

CHAPITRE 4 #


    N'importe qui de censé ou d'intelligent aura pu prévoir qu'un tel évènement allait arriver. Kunisaki aurait du le savoir, pourtant il ne s'était pas attendu à la revoir, quatre ans après. Malgré la petite voix dans sa tête, malgré l'écriture sur le bout de papier qu'il avait parfaitement reconnu. Il avait mit un moment avant de se retourner, il savait qu'elle était là. « Quand frère », ces quelques mots résonnaient dans sa tête. Il se souvenait que jamais il n'avait apprécié qu'elle l'appelle comme ça. Il soutenait qu'ils avaient le même âges, que donc ça n'avait aucun sens. Mais elle continuait à utiliser ce surnom, elle ne s'était jamais arrêtée. Même maintenant, elle continuait. Ce détail totalement futile le faisait rentrer dans une colère folle, quant à elle, elle se mettait à rire en voyant son visage virer si rapidement au rouge. Peut être que jamais il ne lui avouera, mais la chose la plus difficile pour lui avait été de devoir quitter son rire et sa voix. Il éprouva un réconfort immense et indescriptible quand il l'entendit.

    Mais ça non plus, jamais il ne lui avouera.

    Il se retourna, enfin. Elle attendait là, portant l'uniforme de la Day Class. Ses cheveux se mêlaient au vent avec poésie, la nuit sembla soudainement plus belle. Un sourire lui vint aux lèvres, alors que Kunisaki se contentait de la fixer avec des yeux choqués. Il ne savait pas quelle attitude adopter, jamais il ne s'était senti aussi perdu. La colère lui grimpait à la gorge, pourtant celle-ci n'arrivait pas à attendre ses lèvres. Ce fut un autre sentiment qui vint à son visage, peut importe le fait qu'il soit en totale contradiction avec l'image qu'il avait d'elle, il n'arrivait plus à se contrôler.

    Elle s'approcha, trop vite. Ses bras autour du cou, elle nicha sa tête sur son épaule, bafouillant quelques mots incompréhensible. Il n'arrivait plus à bouger, les bras dans le vide, il ne pouvait la repousser. Au contraire, il éprouva l'envie d'être près d'elle. Alors qu'elle recula son visage pour le regarder, de fines larmes tombèrent de ses yeux pour courir sur ses joues. Normalement, Kunisaki aurait du la rejeter, l'insulter, lui dire tout ce qu'il avait sur le cœur. Hésitante, elle approchait doucement son visage du sien en fermant les yeux. Elle voulait l'embrasser, elle allait l'embrasser. Ce qu'il s'apprêtait à faire, Kunisaki ne pourrait l'expliquer. Sayo non plus, d'ailleurs. Alors qu'elle s'apprêtait à laisser tomber, par peur sans aucun doute, il plaqua ses lèvres contre les siennes. Il entoura ses bras autour de sa taille et elle, ayant surpassé la surprise, resserra son étreinte autour de son cou.

    Ils ne pourraient dire combien de temps ils sont restés ainsi, l'un contre l'autre. Cependant, ce qu'ils peuvent affirmer avec certitude c'est que, ni l'un ni l'autre, n'avaient jamais eu un baiser si long et passionné.

    Ce fut Sayo qui y mit fin, étrangement, quelques gouttes perlant encore de ses yeux. Kunisaki plaça ses mains glacées sur ses joues, l'embrassant une dernière fois avant de se reculer. Définitivement. L'amour qu'il éprouvait pour elle ayant disparut, sa colère qui restait coincée dans se gorge put sortir. Elle ne devait pas s'imaginer des choses le concernant, il fallait être clair. Il fit un pas en arrière, un air parfaitement froid et neutre sur le visage.

    - Je t'avais dis de ne pas venir.
    - Mais, grand frère, je...
    - Cesse de m'appeler comme ça ! hurla-t-il en sa direction.

    Elle ne rit pas, cette fois, elle ne riait plus. Elle avait tenté de se rapprocher de lui, mais il avait ses mains sur ses épaules et la tenait fermement. Elle ne devait plus l'approcher.

    - Je ne te laisserai pas mourir, Kunisaki !
    - J'ai été suffisamment clair là-dessus, c'est comme ça et tu ne pourras rien y changer !
    - Mais si, je peux faire quelque chose ! Laisse-moi t'aider, je sais que je le peux !
    - Ferme-la ! cria-t-il en tentant de la gifler.

    Sayo s'était reculée, ayant vu son geste arriver sur sa joue. Une expression apeurée sur son visage, la respiration de Kunisaki trahissait sa colère.

    - Je sais pourquoi tu es là, n'essaye même pas, je refuse, lança-t-il, catégorique.
    - Mais... Kunisaki, sanglota-t-elle en se rapprochant.

    Il recula, il ne voulait plus la voir. Il avait totalement oublié le début de cette soirée, il ne souhaitait qu'une chose : la voir disparaître de son champ de vision et qu'elle le laisse mourir en paix.

    - Si tu bois mon sang, tout s'arrangera !
    - Non ! Rien ! Tout restera pareil, ça ne changera rien ! dit-il avec angoisse dans la voix, semblant soudainement perdre le contrôle.
    - Tu sais très bien que c'est faux ! Tu dois boire mon sang !
    - PLUTÔT CREVER !

    Cette fois-ci, son point avait réussit à l'atteindre. Au sol, elle n'avait pourtant pas la moindre douleur. Se relevant, son regard était remplit de pitié, on pouvait y lire toute l'amour qu'elle éprouvait pour lui. Amour qui s'était vu réciproque, quelques minutes auparavant.

    Ses larmes dédoublèrent, elles étaient si nombreuses qu'elles mouillaient considérablement son uniforme. Reculant de plus en plus, il était effrayé. Ses yeux choqués montrant ce qu'il pensait, il regrettait de ne pas pouvoir cacher ses sentiments. Sayo eu soudainement un air plus neutre et assuré, elle s'avançait vers lui d'un pas lent et décidé. Lui, ne pouvait plus reculer car il avait atteint le mur derrière lui.

    - Tu dois le faire, tu ne veux pas blesser de pauvres innocents ? demanda-t-elle, le visage étrangement calme.
    - Je ne veux pas être comme ça !
    - Fais-moi confiance, tout ira mieux après, tu ne mourras pas ! rétorqua-t-elle en reprenant son regard aimant et triste.
    - Jamais ! Jamais le tient, je ne peux pas le boire !

    S'écrasant littéralement sur le mur, il n'arrivait pas à fuir. Il la voyait se rapprocher, ses yeux transperçant les siens dans un silence pesant. Il ne voulait pas boire son sang, c'était la seule personne au monde qu'il ne voulait pas mordre. Elle mit ses mains sur son torse et leva la tête vers lui, son sourire qui se voulait rassurant le perturbait encore plus.

    - Je t'ordonne de boire mon sang, Kunisaki, murmura-t-elle avec un regard décidé.

    Certainement la phrase qu'elle n'aurait jamais du prononcer. Elle suffit à réveiller ses instincts, cela se vit par le changement de couleur de ses yeux. Ils passèrent d'un caramel mielleux aux reflets dorés à un rouge effrayant aux reflets ensanglantés. Ecartant les cheveux de Sayo qui se posaient sur son cou, il approcha sa tête. Léchant l'endroit où il souhaitait enfoncer ses crocs, il n'avait plus le contrôle de lui. Il devenait une bête assoiffée de sang.

    Alors que ses canines se posaient sur sa sœur, il y eu une détonation suivit d'un cris de douleur. Kunisaki s'effondra au sol en tenant fermement son épaule. On lui avait tiré dessus.

    - Les actes de vampirismes sont interdits dans l'enceinte de l'établissement ! dit une voix provenant de l'opposé où ils se trouvaient.

    Elle semblait éloignée, pourtant Sayo sentie une main lui attraper le col et la jeter à terre :

    - Pousse-toi ! C'est dangereux !

    Yuka se tenait là, à côté d'elle en enfonçant son bâton en métal sur le cou de Kunisaki, celui-ci gisait toujours à terre. Réfléchissant rapidement, elle se souvenu que la voix était masculine, bien que plutôt efféminée. Elle entendit des pas se rapprocher, Kenji tenait maladroite un fusil, il était visible bouleversé de son geste.

    - Je l'ai tué ! Je l'ai tué !
    - Mais non, tu ne l'as pas tué. On va l'apporter à Kurosu, on va voir ce qu'il va en faire.
    - Non attendez !

    Se relevant, elle poussa Yuka et Kenji avec une force qui lui étonna grandement. Elle s'agenouilla près de lui en pleurant, plaçant sa main sous sa tête, elle le fixait intensément comme lui ordonnant mentalement de se réveiller.

    - Grand frère ! Grand frère ! Réveille-toi s'il te plait ! souffla-t-elle entre deux sanglots.
    - Grand frère ? Comment ça ?

    Elle ne fit pas attention aux regards étonnés que lui adressaient Yuka et Kenji. Elle ne se préoccupait que de lui, elle voulait qu'il aille bien, qu'il ouvre les yeux. Elle aurait voulu pouvoir rester avec lui, mais rares sont ceux qui font toujours tout ce qu'ils souhaitent. N'est-ce pas ?


    Kunisaki avait finit par se réveiller, il n'était pas resté longtemps dans les pommes. Cependant se retrouver dans cette situation ne l'enchantait pas, Sayo encore moins. Assis côte à côte en face du bureau de Yoshitake Kurosu, il portait un bandage qui recouvrait toute son épaule et une partie du bras. Son uniforme étant couvert d'une épaisse tâche de sang, il ne portait qu'une chemise, bien qu'elle aussi était tâchée. L'uniforme de Sayo séchait lentement, ses joues étaient encore humides. Yuka, adossée à un mur, affichait un air profondément énervé et lassé tandis que Kenji versait le thé dans 6 petites tasses vertes en terres cuites avec un calme monumental.

    - Qui attendons-nous, encore ? demanda Yuka dans un énième soupir.
    - Ootani, répondit Yoshitake en soufflant une autre fumée de cigarette.

    La chargée de discipline eu du mal à cacher son amertume à l'annonce de cette nouvelle, Kunisaki encore moins. Le directeur replaça une des mèches derrières les yeux, c'était un homme d'une trentaine d'année mais il en paraissait largement plus. Le dos voûté, affublé d'une simple chemise et d'une cravate, une cigarette toujours dans la bouche, des cheveux noirs et sales. Il n'était vraiment pas attirant, pour tout dire. Il tripotait un stylo, visiblement lassé lui aussi d'attendre le sang pur de la Night Class.

    La porte s'ouvrit, personne ne salua le nouvel arrivant sauf Kenji, toujours avec son sourire.

    - Que s'est-il passé ? questionna-t-il, innocemment.
    - C'est un peu long, répondit Yoshitake en lui indiquant une chaise qu'il refusa d'un signe de la main. Je resterai debout, merci.

    Yoshitake éteignit sa cigarette dans un cendrier, déjà remplit d'une dizaine de ces saloperies sans intérêts. Il fixait les frères et sœurs comme attendant qu'ils manifestent quelques choses.

    - Ca fait longtemps, Sayo. C'était quand, la dernière fois ?
    - Il y a quatre ans, dit-elle sans bouger un seul de ses cils.
    - Ah oui, je m'en souviens. Comment oublier une telle nuit, n'est-ce pas, Kunisaki ?

    Il le fixa, intensément, personne ne put ignorer le mouvement qu'il eu, comme s'il venait de recevoir un coup en plein cœur.

    - Que s'est-il passé ? dit Yuka, comprenant que c'était sûrement le commencement de cette histoire.

    Personne ne répondit, il ne voulait pas ouvrir la bouche. Les yeux dirigés vers le sol, il ne souhaitait pas parler à qui que ce soit. Encore moins à eux, ceux qui allaient l'obliger à évoquer ces évènements qu'il espérait avoir enterré à jamais.

    - Nous... nous avons été attaqués par un vampire de sang pur.

    Tout le monde se tut, à présent c'était à Sayo de continuer, personne ne pouvait parler à sa place. C'était sans aucun doute elle qui connaissait le mieux ce qui s'était passé durant ces quelques heures.

    - Il a tué nos parents, sous sa morsure ils sont morts d'intoxication. Quand... le vampire s'est approché de nous, Kunisaki m'a ordonnée de partir, de me sauver. J'ai obéit et il s'est fait mordre.
    - Par la suite, ils sont venus chez moi, continua Yoshitake comme pour éviter qu'elle ne craque devant tout le monde. Ils m'ont expliqué la situation et j'ai proposé à Kunisaki d'essayer de retarder la transformation, seulement il a finit par se changer en vampire.

    Le silence régnait dans cette pièce où seuls Yuka et Kenji semblaient exprimer des émotions. L'incompréhension se lisait sur les traits de son visage, la peur envahissait son être.

    - Ca veut dire que... Kunisaki est un level D ?
    - Et bientôt il chutera au level E, termina Kazuki ce qui nu put empêcher au blessé de lui jeter un regard haineux.
    - Vous ne savez pas qui était ce sang pur ? dit Yuka en mettant sur ses points sur la table, espérant une bonne nouvelle.
    - Non, ne savons rien de ce san...
    - C'était une femme, souffla Kunisaki sans bouger. Je le sais, j'en suis sûr.

    Le silence revint, jamais celui-ci n'avait été si dur et pesant.

    - Mais comment ne pouvez-vous ne pas savoir qui elle était ! Ils ne sont pas nombreux, les sangs purs ! Il doit y avoir une solution !
    - Peut m'importe, dit Kunisaki, jamais je ne deviendrai comme ça. Plutôt mourir.

    Et effectivement, il allait mourir.
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MessageSujet: Re: Vampire no Kodoku   Jeu 29 Oct - 17:46

CHAPITRE 5 #


    Le silence devenait plus que pesant, il était assassin. Plus personne n'osait ouvrir la bouche et prononcer une seule phrase, autant de la part de ceux qui racontaient que de ceux qui écoutaient. Yoshitake connaissait toute l'histoire depuis le début, il avait toujours eu le don tout prévoir, un peu comme Kunisaki, en fait. C'est pour cela qu'il avait demandé à Yuka et à Kenji d'être encore plus prudent cette nuit, plus que les autres. Il connaissait bien Sayo, il savait bien de quoi elle était capable.

    Ou du moins, il pensait le savoir.

    Sans contexte, Yuka était la plus choquée de tous. Elle qui était toujours si dure et sûre d'elle, voilà qu'elle tombait des nues. Plus que de la simple tristesse, elle était en colère. Elle était furieuse de Kunisaki et de ses idées. Il ne pouvait pas mourir comme ça, lâchement, sans tenter de survivre. Il ne pouvait pas attendre de chuter au level E, de ne plus pouvoir se contrôler et se laisser diriger par la seule et unique envie de sang. De devenir un vrai monstre, sans possibilité de retour en arrière.

    - Je regrette de m'être enfuit.

    Tout le monde se tourna vers Sayo, sauf Kunisaki qui ne souhaitait toujours pas donner le moindre regard à sa sœur. Le silence venait de rompre, sûrement de la pire des façons. Yuka donna un coup de point dans la table, celui-ci fut accompagné d'un bruit à la fois sourd et puissant.

    - Comment peux-tu dire ça ? Si tu ne l'avais pas fais, tu serais peut être morte à l'heure qu'il est !
    - Mais je... je devais rester avec lui. Il n'aurait jamais du rester seul... dit-elle avec une voix faible.
    - Tu n'avais pas le choix ! s'indigna Yuka en frappant une deuxième fois sur la table.

    La conversation aurait put continuer, pendant longtemps. Les nerfs de Yuka commençant à la lâcher, elle aurait très bien pu exploser et leur dire tout ce qu'elle pensait de ça. Ils la dégoûtaient presque. Pourtant, c'est une toute autre chose qui se produisit. C'est Kazuki qui prit la parole, alors qu'il se faisait discret jusqu'à présent. Adossé à un mur, il se contentait d'écouter en n'en disant le moins possible, sachant très bien ce que pensait Kunisaki de lui et de son sang. Il comprenait en silence le pourquoi de cette haine. Une ampoule venait de s'illuminer dans sa tête, son visage d'habitude si impassible parut étonné, surprit.

    - Est-ce que nous nous sommes déjà rencontrés ? demanda-t-il à Sayo, tandis que celle-ci relevait lentement la tête pour le regarder.

    Ils restèrent un moment, à s'observer. La jeune Day Class réfléchissant sûrement à la question, elle se la posait en boucle dans sa tête. Il était beau, très beau, comment aurait-elle pu l'oublier ? Ce fut une réponse négative qui sonna dans sa tête, à l'heure qu'il était, elle ne souhaitait pas chercher plus loin.

    - Non.
    - Vous êtes sûre ?
    - Oui.

    Il insistait mais ça semblait perdu d'avance. Il se recula pour replacer son dos sur le mur qu'il avait précédemment quitté en continuant de la fixer d'un œil interrogateur. Peut importe ses réponses sans hésitation, il était sûr de l'avoir déjà vu.

    Oui, il en était persuadé.

    Puis il se mit à regarder la blessure de Kunisaki, il savait parfaitement que le meilleur moyen de guérir vite de ce genre de blessure était de boire du sang humain. Il devina donc qu'il allait finir par boire celui de sa sœur. De toute manière, il savait qu'elle le lui demanderait. Il y avait une émotion particulièrement force dans ses yeux quand elle le regardait, elle l'aimait, ça se voyait. Pour lui, par contre, ce n'était pas si sûr.

    Ce même silence douloureux était revenu et les plongeait à nouveau en lui. Tandis que les six tasses de thé refroidissaient, Kenji avait pris place à côté de Yuka, pour la première fois depuis qu'elle l'eu rencontré, Sayo le vit calme et sans son sourire. Rien dans son visage ne le montrait, mais il semblait triste. Le voir non souriant était presque perturbant, ça ne lui ressemblait pas.

    - Ce n'est pas possible. Tu ne peux pas te laisser mourir, dit Yuka alors qu'elle serrait les points si fort qu'elle en tremblait.
    - Ce sera pourtant le cas, il faut accepter la mort, répondit Kunisaki.
    - CE N'EST PAS LA MORT QU'IL FAUT ACCEPTER, C'EST-CE QUE L'ON EST DEVENUT ! hurla-t-elle en fracassant une tasse sur le sol.

    Des larmes dans les yeux, elle était véritablement touchée par leur histoire et par leur bêtise, surtout. Ne prenant pas la peine de s'excuser ou de commenter son geste, elle se contenta de partir en courant. Les dents serrées et le cœur lourd. Elle claqua la porte derrière elle, tuant à nouveau le silence. Kenji fit un pas en avant, mais il fut stoppé par les mots de Yoshitake.

    - Laisse-là, elle a besoin d'être seule un moment.

    Ce fut au tour de Kunisaki de bouger brutalement, lui qui était resté dans la même position depuis son entré dans la pièce, le voir en mouvement était presque étrange. La tête dirigé vers le bas, il n'adressa pas un regard à quiconque. Malgré sa blessure, il ne montrait pas de signes de faiblesses. Pourtant, la douleur était abominable.

    - Je n'ai rien à faire ici, annonça-t-il en se dirigeant vers la porte.
    - Non attends Kunisaki, dit Sayo en se levant et en posant sa main sur son bras.
    - Ne me touche pas, ordonna-t-il en le bougeant brutalement.

    Il ouvrit la porte et parti d'un pas lent, il devait savoir que personne n'oserait le suivre. Mais tout comme lui, le sang pur présent la pièce suivit ses pas en laissant les autres, il se fichait bien de savoir ce qu'ils allaient faire ou dire. Il ne mit pas bien longtemps avant de le revoir, de dos, sa chemise noire n'arrivant pas à cacher la tâche de sang qu'il avait sur l'épaule. Kazuki avait eu du mal à calmer le reste de la Night Class à cause de l'odeur de sang qui s'était propagé un peu partout dans l'établissement.

    - Hey, Tachibana.
    - Tu m'veux quoi, le sang pur ? répondit froidement Kunisaki en se retournant.
    - Je ne te crois pas une seconde.
    - De quoi tu parles ?
    - Tu sais qui t'as mordu.

    Il se tut, étudiant la réaction du level D. Il était toujours de dos, seule sa tête regardait celui qui osait lui adresser la parole. Des yeux particulièrement effrayants, ils avaient repris leurs couleurs normales. Il affichait un visage lasse et neutre, il ne semblait pas le moins du monde intéressé par ce qu'il disait.

    - Pourquoi donc ne voudrais-je pas le dire ?
    - Je ne sais pas encore, répliqua-t-il.
    - T'as que ça à foutre, Ootani ?
    - Il faut croire.

    Malgré la violence de leur propos et la haine qu'ils semblaient éprouver l'un pour l'autre, ils étaient particulièrement calmes et aucun d'eux ne souhaitaient s'énerver.

    - Je la retrouverai.
    - Impossible, affirma Kunisaki.
    - Et pourquoi ?

    Il sourit, étrangement et finit par se retourner complètement. Se redressant, Kazuki le dépassait en taille mais il espérait ne pas paraître trop pathétique à côté de lui. Il était sûr de ce qu'il avançait, et il trouvait ça drôle de dire que jamais il ne pourrait la retrouver. Malgré son sang, il était incapable de faire ça. Pour une fois, il était inférieur. Rien que pour ça, il souriait. Un sourire mauvais et pervers, tant il le détestait.

    - Je le sais, et c'est tout.
    - J'essayerai.
    - Tu peux toujours, mais je sais que jamais tu n'arriveras à la trouver.
    - La raison ?
    - Elle est intelligente et elle sait tromper son monde.
    - Donc, tu la connais ?

    Il ne répondit pas, il estimait avoir été assez clair sur le sujet. Il continua à marcher, son misérable petit pouvoir sur lui venait de fondre, il en avait profité et il pouvait partir se reposer. Il espérait qu'il allait enfin le laisser tranquille, peut importe ses attentions, il ne voulait pas avoir une dette envers lui. Il ne devait rien, à personne.

    Kazuki se décida à le laisser s'en aller, cette fois. Kunisaki ne saurait dire s'il l'entendit repartir en cours ou rester debout, derrière lui. Il se fichait bien de ses agissements, lui ne souhaitait que rentrer au Pavillon de la Lune et n'avoir à se réveiller que la fin d'après-midi prochaine. Il ne saurait dire s'il marchait lentement ou vite, il ne sentait vraiment plus son corps. Tout ce qu'il savait, c'est que son épaule lui procurait une douleur immense, mais qu'au moins ça l'avait empêché de commettre l'irréparable. Il ne voulait pas mordre Sayo, jamais il ne le voudrait. Savoir qu'il avait faillit le faire lui procura un frisson et un sentiment d'écœurement.

    Il arriva rapidement dans son Pavillon, montant d'un pas lent et lasse les marches de marbres qui composaient l'escalier. Se retrouvant dans sa chambre, la plus petite et la moins spacieuse de toute. Il avait beau avoir passé les quatre dernières années de sa vie chez Kurosu, il n'avait pas voulu lui accorder une belle chambre. Mais pour être honnête, il s'en fichait. Ce genre de détails sans importances l'agaçait. Il se laissa tomber sur son lit, sans même réfléchir au fait qu'il devrait se changer, cette chemise tâchée de sang suffirait. Relevant son buste, il dissout une des dizaines de Blood Tablet disposées sur la table dans un verre d'eau. Au moins, son estomac acceptait encore ça, il n'avait encore jamais goûté à du sang humain, il espérait ne jamais avoir à le faire. Alors qu'il portait le verre d'eau rougeâtre à la bouche, quelqu'un entra dans sa chambre.

    - Ca va ?

    C'était Ryo, cet idiot avait toujours tendance à s'inquiéter pour rien. Il était grand et avait des cheveux entre le roux foncés et le blond, toujours coiffés d'une manière abjecte. Il ne prenait jamais la peine de bien mettre son uniforme. Il parlait beaucoup, trop, d'ailleurs.

    - Alors, c'est ton sang à toi qu'on a senti.
    - Faut croire.

    Le reste de la conversation fut sans intérêt, le grand posant diverses questions et le blessé répondant au « à peut près ». Il finit par partir au grand soulagement de Kunisaki qui sentait la fatiguer arriver.

    Il s'endormit vite dans un sommeil très profond, tellement qu'il n'entendit pas le cri que Yuka venait de pousser à l'instant.
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MessageSujet: Re: Vampire no Kodoku   Lun 2 Nov - 15:05

CHAPITRE 6 #


    Personne ne pourrait se permettre de douter de l'intelligence de Yuka, la chargée de discipline. Tout d'abord parce que ses résultats scolaires toujours excellents le montraitent – en pensant qu'elle passait tous ses cours totalement endormi sur sa table -, mais surtout parce que si vous osiez supposer le contraire, vous vous retrouverez avec un œil au beurre noire avant même de sentir son point s'enfoncer sur votre visage. Oui, Yuka était particulièrement douée et ne se gênait pas de le montrer, non seulement elle pouvait résoudre le plus complexe des problèmes en moins d'une minute, mais elle savait également parfaitement cacher ses sentiments. Il lui suffisait d'analyser la sensation qui montait en elle pour la canaliser et l'éliminer. C'est pourquoi que quand elle montrait ce qu'elle ressentait, cela signifiait qu'elle ne savait pas les raisons de ses sentiments. S'ajoutait à sa colère ou tristesse soudaine, une impression de faiblesse immense et meurtrière.

    Mais pourquoi pleurait-elle ?

    Elle courait à vive allure, elle ne savait même pas où elle allait. Ses jambes musclées la menait où elles le voulaient, elle se contentait d'obéir sans se poser de questions. Elle glissait sur le sol, elle ne sentait même plus ses pieds rentrer en contact avec les dalles de pierres. Le silence était si présent qu'elle en distinguait le bruit de ses larmes volant dans l'air et fondant sur le parterre.

    Elle finit par s'arrêter, non pas qu'elle était fatiguée, mais elle semblait avoir trouvé l'endroit où elle voulait rester. Etrangement, c'était à la fontaine. L'eau si bleu qui s'écoulait en continue lui suffisait à se repérer, la nuit était encore si noire et effrayante. Elle passa sa manche sur ses yeux, essuyant la matérialisation physique de sa tristesse inconnue. Elle respirait lentement, sûrement. Il n'y avait pas une goutte de vent, la seule fois de sa vie où elle aurait souhaité le sentir glisser sur son visage et s'infiltrer dans ses cheveux.

    Un bruit, un craquement.

    Elle se retourna immédiatement, sortant l'immense tige en métal qui lui servait à se défendre. Elle ordonna à la personne cachée de se montrer d'une voix qu'elle espérait assurée. Dans son inquiétude, elle ne perçut pas les tremblements qu'elle avait dans les jambes. Pour une fois, elle était en position d'impuissance. Espérons que ce n'était que le vent qu'elle ne percevait pas qui faisait frissonner les buissons.

    Un autre craquement, plus proche d'elle cette fois-ci.

    Elle se retourna rapidement mais ne voyait toujours personne. La peur montait, elle n'était pas en état de se battre ou même de reconduire une Day Class dans son dortoir. Alors qu'elle supposait pour la énième fois que ce n'était rien, son corps qui semblait coupé du monde senti quelque chose.

    Des lèvres venaient de s'être posées sur son cou.

    Elle réagit plus vite et beaucoup plus violemment qu'elle ne l'aurait cru quelques instants plus tôt. Elle poussa un cris strident et, tout en se retournant, éjecta l'intrus avec toute sa puissance en enfonçant son genou dans son ventre. Le vampire supposé avait été envoyé à 3 mètres de là. Observant la personne qu'elle venait clairement d'agresser, elle distingua sans trop de mal l'uniforme de la classe de jour qu'il portait.


    - Qui est l'idiot qui a prétendu que les femmes aimaient les baisers dans le cou ? se lamenta le beau et grand Day Class en se passant la main sur le ventre.
    - Kat... Katsuya ?
    - Je te savais violente mais pas à ce point là.

    Au lieu de répondre, elle lâcha son arme et se précipita vers lui, tomba à genoux à côté de lui. Il avait relevé son buste et malgré son sourire charmeur scotché sur son visage aux traits parfaits, il semblait avoir visiblement bien souffert de ce cou.

    - Je suis vraiment désolée ! implorait Yuka avec ses mains non loin de son corps, comme si elle n'osait pas le toucher.
    - Ca ne suffit pas, tu m'as détruit l'estomac.
    - Je ne voulais pas ! Je suis... vraiment désolée.
    - Tu te rends compte ? C'était violent, tu devr... Yuka ? Mais qu'est-ce qui t'arrives ?

    Les larmes s'étaient remises à tomber sur ses joues blanches, celles qui lui avaient toujours semblées que jamais elles ne pourraient être souillées par des pleurs. Elle qu'il avait toujours vu comme une vraie femme forte, il la voyait dévoilant des faiblesses qu'il n'avait jamais cru pouvoir trouver. Pour la première fois, il la voyait comme une simple fille. Elle pleurait de plus en plus, tout en restant totalement silencieuse. Les yeux fermés, les points serrés posés sur le sol, Katsuya distinguait le moindre de ses tremblements.

    - Yuka... qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il avec une voix douce et posant ses mains sur ses épaules.
    - Ne me touche pas ! ordonna-t-elle en se levant brutalement.

    Elle parti en courant en ignorant les regards inquiets du jeune homme à terre. En quelques secondes, elle s'était volatilisée de son champ de vision, le laissant seul avec ses interrogations.

    Elle n'eu pas à aller bien loin, elle s'était tout simplement éclipsée dans les toilettes pour filles, espérant qu'il ne viendrait pas la voir. Elle avait jetée sa veste sur les robinets de marbres. C'était d'ailleurs le seul endroit réservé aux Day Class qui était aussi spacieux que les appartements des Night Class. Eux qui devaient toujours se contenter du strict minimum, c'était un lieu qui changeait des autres. Yuka était heureuse d'être la nuit, au moins il y avait peu de chance que quelqu'un entre.

    Sa veste noire pendait dans le vide, elle allait finir par tomber sur le sol mais c'était bien le dernier de ses soucis à présent. Elle cherchait toujours la raison exacte de sa tristesse. Pourquoi donc pleurait-elle autant ? Pourquoi se sentait-elle aussi désarmée et seule ? En tout cas, elle savait qu'elle aurait du mal à encadrer le fait que Katsuya l'ai vu pleurer. Sans aucun doute, c'était la seule et unique personne qui n'aurait jamais du la voir comme ça.

    Elle se détacha les cheveux, ceux-ci s'agitaient dans son dos, elle fixait le miroir en face d'elle. Il montrait une petite fille innocente qui ne savait pas quoi faire. Elle cherchait dans son reflet un indice qui lui prouverait que ce n'était rien, que c'était passager. Elle voulait redevenir la Yuka crainte par l'académie entière, si sûre d'elle et si énergétique.

    Où était-elle passée ? Qu'était-il arrivé à la chargée de discipline ?

    Elle passa ses fins doigts dans la cascade noire qu'étaient ses cheveux. Elle enleva le nœud pourpre qui lui serrait le cou, ne supportant plus la pression qu'il exerçait sur elle. Elle ouvrit légèrement sa chemise comme pour mieux pouvoir respirer. Ces simples petits gestes lui fit se sentir en meilleur état, elle cessait de pleurer mais la tristesse était toujours aussi présente.

    - Yuka ? Est-ce que ça va ?

    Il avait légèrement entrouvert la porte, laissant apparaître une partie de sa tête. Elle ne se retourna pas pour le regarder, au contraire elle préféra baisser le regard et l'observer dans le miroir du coin de l'œil. Il finit par entrer, son sourire avait disparut de son visage. A la place, il laisse apercevoir un air inquiet et triste.

    - Tu n'as rien à faire ici, vas-t-en.
    - Je ne peux pas, répondit-il d'une façon neutre qui sonnait d'une manière étrange dans sa bouche d'habitude si joyeuse.
    - Katsuya, je m'excuse pour tout à l'heure, maintenant laisse-moi tranquille.
    - Avant, j'aimerai te poser une question, conclut-il.

    Elle soupira et finit par se retourner, peut importe ce qu'il allait dire, elle se contenterait de répondre pour qu'il la laisse enfin seule. Elle eu comme un frisson quand elle fut contrainte de fixer ses yeux, tout comme elle, ce soir il était différent. Il montrait une autre facette de lui, plus mélancolique. Mais ce n'était pas la seule, elle ne tarderait pas à le savoir.

    - Qu'est-ce que je représente pour toi ?

    Elle ne put répondre, la bouche ouverte et un air choqué. Elle ne s'attendait pas à ça.

    - Je... je ne sais pas.
    - Réponds quand même, dit-il avec une once de froideur dans la voix.
    - Je crois que... je te vois comme... un bon ami, finit-elle par assurer avec une voix qui ne l'était pas.

    Il se passa la main dans ses cheveux. A présent, il était énervé. Jamais Yuka ne l'avait vu ainsi et ne s'y était pas préparé. Qu'est-ce qu'il avait lui aussi, ce soir ?

    - Et ce foutu Inagaki... tu l'aimes lui ? demanda-t-il, lassé.
    - Quoi ? Mais non voyons ! Il n'y a rien entre lui et moi !
    - Te moque pas de moi, tu aimes cet espèce de looser, ça se voit !
    - Mais de quoi tu parles ?
    - Pourquoi lui ? Il a quoi de plus que moi ? Qu'est-ce que tu caches ?
    - Tu oses... me demander ça... murmura Yuka en baissant la tête et en serrant les points.

    Il y avait quelque chose chez lui qu'elle n'aimait pas, enfin elle venait de trouver quoi.

    - Et toi alors ? Pourquoi donc est-ce que tu t'accroches autant à moi ? C'est quoi la nature de tes sentiments ? Pourquoi... moi, et pas une autre ?
    - Je... je ne sais pas.
    - Dans ce cas fiche-moi le camp et fous moi la paix !

    Plus qu'un simple air visiblement blessé, il semblait perdu, elle venait de lui poser une question à laquelle il n'arrivait pas à apporter une réponse. Il était triste, elle avait peut être touché un point sensible. Elle avait les larmes aux yeux à nouveau mais elle n'était plus triste, elle les chassa d'un coup de manche. Alors qu'il se retournait pour quitter les lieux, la main déjà sur la poigné, il se risqua à poser une dernière question.

    - Tu aurais préféré que ce soit lui qui vienne te voir ?
    - Oui... enfin, peut être. Je sais pas.

    Il eu un fin rire, cela devait signifier qu'il ne lui en voulait pas. Il commença à sortir de la pièce, mais c'était à croire qu'il ne lui avait pas tout dis.

    - Un jour, j'y arriverai, annonça-t-il avec un ton plus souriant.
    - De quoi ?
    - A te consoler.

    Elle ne fut sûre qu'il soit parti que quand elle entendit la porte se fermer dans un bruit sourd. C'est avec difficulté qu'elle admit qu'il avait eu raison, oui, elle était amoureuse de Kenji. Seulement, il fallait au moins lui accorder ça...

    Peut être qu'à présent elle était énervée, mais elle n'était plus triste.

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MessageSujet: Re: Vampire no Kodoku   Dim 22 Nov - 18:19

CHAPITRE 7 #


    Sayo n'écoutait jamais les autres, c'était d'ailleurs un trait de caractère qui avait tendance à fortement agacer son entourage. Plus que ça, ça lui causait à de nombreuses reprises des problèmes qu'elle mettait longtemps à résoudre. Enfin, quand elle y arrivait. Elle ne prêtait jamais attention aux conseils qu'on lui donnait, elle restait sourde face aux indications et préférait ne se fier qu'à elle. Au final, son avis n'était toujours que le mauvais. On peut presque prétendre qu'elle ne réfléchit pas avant d'agir, que son instinct la guide. Pourtant, quelques jours étaient passés depuis la nuit où elle avait pu revoir son frère, elle ne lui avait pas reparlé. Non pas parce qu'elle le souhaitait, mais parce que Yoshitake faisait tout pour l'en empêcher. Forçant toujours Yuka ou Kenji pour la suivre où qu'elle aille, elle n'arrivait jamais à être seule et n'osait jamais sortir de sa chambre la nuit.

    Cette situation ne l'enchantait pas, au contraire elle commençait sérieusement à l'insupporter. Quand Yuki, sa camarade de chambre, lui proposa une visite de l'académie durant la nuit elle ne se voyait pas de refuser.

    C'était le matin, tôt. Bien qu'elles ne se ressemblaient en aucun point, elles se levaient toutes les deux à 6h00 et partaient déjeuner avant tout le monde. Face à la beauté glaciale de Sayo, Yuki paraissait bien banale. Petite, des cheveux bruns coupés très courts, elle avait un petit côté niais qui l'agaçait. Elle était l'une de ces Day Class totalement et invraisemblablement amoureuse de Kazuki Ootani.

    - C'est l'occasion, ça fait un moment que je ne suis pas sortie de cette chambre, souffla-t-elle en enfilant son uniforme avec une grâce qui ne s'accordait pas avec son visage.
    - Comme tu le souhaites, répondit Sayo en dissimulant derrière une voix neutre une forte joie à l'idée de revoir Kunisaki.
    - Tu imagines, si on arrive à parler à Ootani-kun...oh, j'aimerai tellement savoir ce qu'il nous dirait ! annonça-t-elle avec une drôle d'excitation.
    - Il nous demandera de repartir dans notre chambre, sûrement.
    - Peut importe ! Je veux entendre sa voix, jamais je n'en avais entendu qui s'accordait autant avec un corps ! Tous les deux sont absolument parfaits !
    - Et si on se fait prendre ? demanda Sayo en finissant de nouer son ruban pourpre.
    - Tout ce qui compte, c'est d'éviter Chosokabe. L'autre vermisseau d'Inagaki, on s'en fiche. Je ne sais même pas pourquoi il est Chargé de Discipline, il ne sert à rien.

    Sayo n'ajouta rien, elles deux avaient fini d'enfiler leurs uniformes. Elle partageait un peu l'avis de Yuki, elle ne comprenait vraiment pas comment il avait fini avec ce poste. Si Yuka n'était pas là, le secret des Night Class aurait été révélé en un rien de temps.

    - Pars devant Sakuraba, moi je dois me coltiner Chosokabe ou Inagaki.
    - A oui, c'est vrai. Mais pourquoi ils te suivent comme ça ?
    - J'en sais rien, mentit-elle en la laissant quitter les lieux.

    « Yoshitake s'inquiète pour toi. », voilà ce qu'elle répondait quand Sayo lui posait la question. Elle doutait des véritables attentions de cet alcoolique accro à la nicotine, elle ne le voyait pas comme le père qu'elle n'avait plus, malgré ce qu'il prétendait elle ne pensait pas qu'il voulait véritablement la protéger. Non, elle le voyait plus comme un homme qui avait été contraint de reprendre une académie et les rêves de cohabitation de son frère à la mort de celui-ci. A l'époque où elle était venue avec Kunisaki, c'était un Hunter qui ne croyait pas une seule seconde aux « gentils vampires ». Il avait sincèrement cru qu'il pouvait éviter à Kunisaki l'inimaginable, pourtant il savait parfaitement que c'était également inévitable. Ça n'avait pas été évidant de s'occuper d'un adolescent, surtout qu'il savait qu'il allait devoir finir par le tuer.

    Probablement la raison pour laquelle il n'a jamais souhaité s'attacher à lui.

    La seule promesse qu'il avait pu lui faire était celle de le tuer, un jour. A cet instant Kunisaki avait hoché la tête sans rien dire. Il ne lui en voulait même pas. Sayo, si. Elle avait prit part de cette promesse dans une des lettres de son frère, depuis elle avait du mal à croire en cet homme. Une part d'elle-même le détestait, aussi.

    - On y va ? demanda Yuka dans un soupir.

    La Day Class répondit dans un silence, elle ne lui répondait presque jamais et elles avaient finis par s'habituer à ce mode de communication unique en son genre. Aujourd'hui, Sayo n'avait pas envie de déjeuner, si bien qu'elles se contentèrent d'occuper une chaise au réfectoire sans rien faire, même si Yuka en profitait pour faire régner l'ordre. Avant même qu'elle n'ouvre la bouche, toute le monde se taisait, elle avait encore plus d'autorité qu'un professeur.

    Sayo en avait marre de devoir constamment rester avec elle, d'ailleurs leurs relations semblaient se dégrader un peu plus chaque jour. Les seuls moments où Yuka ne lui accordait plus la moindre attention était quand elle était occupée à frapper Katsuya, ne serait-ce que pour ce détail Sayo avait finit par apprécier ses visites surprises.

    - Qu'est-ce que vous faites vous deux ? Questionna Yuka en direction de deux filles de première année.
    - Chosoka... Chosokabe-san ?
    - Ce sont des photos ?

    Yuka leur arracha des mains, suscitant chez elles des cris d'injustice. Sayo voulut en profiter et s'éclipsa, les cours allaient démarrer de toute manière. Ainsi, alors qu'elle n'avait que 10 minutes pour arriver dans sa classe, elle se mit à marcher seule dans les couloirs.

    Plus d'une heure plus tard, elle y était toujours.

    Le coup de l'héroïne qui a l'art de se perdre, c'est plutôt pour les gamines mignonnes et timides que l'on voit dans tous les bons shojo. Il fallait bien être honnête, ça ne ressemblait pas au tempérament de Sayo. Non, quand on la voyait, on l'imaginait parfaitement sûre d'elle et d'une classe sans la moindre faille. Elle aurait donné n'importe quoi pour se débarrasser de ce trait de caractère plutôt humiliant pour quelqu'un comme elle. Mais elle faisait bonne figure, alors qu'elle commençait sérieusement à angoisser face à son impuissance dans une situation pareille, elle avait une démarche assurée. Il serait préférable qu'on la voit comme une élève de l'école buissonnière.

    Quel son produit la tristesse ? Voilà une question que Sayo ne s'attendait pas à se poser, pourtant elle le fit. Un enfant pleure, c'est normal, mais que fait un adolescent ? Il le cache en espérant se protéger ? Probablement, elle n'arrivait pas à imaginer quelqu'un de son âge pleurer à chaudes larmes sans chercher à les dissimuler. Ah, mais pourtant c'est ce qu'elle s'apprêtait à voir, au détour d'un couloir.

    Une fille repliée sur elle même déversait son chagrin sur ses maigres genoux.

    Sayo s'arrêta un moment, regardant la Day Class. Elle semblait plutôt petite, des cheveux d'un brun très clair, elle serrait ses jambes contre elle. De là où elle était elle percevait parfaitement tous les tremblements de ses bras et de son dos. Son visage se figea, elle était surprise. Vraiment très surprise.

    Elle pensa s'avancer, mais ne le fit pas. Elle préférait attendre que le temps passe, ce n'était pas son genre de réconforter les gens, elle n'allait pas le faire avec quelqu'un qu'elle ne connaissait même pas en plus. Elle pensait qu'elle finirait par se calmer, ou à arrêter, mais elle ne semblait pas le vouloir. Cédant, elle finit par s'approcher d'elle d'un pas prudent. La distance les séparant était mince, pourtant le temps passait et elle n'était toujours pas à côté d'elle.

    La jeune fille tourna brusquement la tête en direction de Sayo, durant quelques secondes elle cessa de verser des larmes. Elle la regardait intensément de ses immenses yeux marrons, ses rondes et roses joues montrant un certain espoir. Elle eu du mal à cacher sa déception face à son visage, certainement avait-elle espérer voir quelqu'un d'autre arriver. Elle replaça son visage sur ses jambes, s'apprêtant à recommencer une longue série de pleurs frustrés. Ne supportant plus d'entendre ça, Sayo voulu tenter de la réconforter. Elle troublait le silence du couloir, elle la gênait et elle devait s'en aller le plus vite possible.

    - Qu'est-ce qui se passe ?

    La petite pleurnicharde releva la tête, observant d'yeux curieux la personne qui lui adressait la parole.

    - Je me suis perdue, répondit-elle en s'essuyant les yeux.
    - C'est tout ?

    Elle ne répondit pas et se mit à se serrer les bras, enfonçant ses fins doigts dans ses manches noires. Apparemment, Sayo aurait mieux fait de dire autre chose. Elle ne savait vraiment pas réconforter les gens.

    - Ce n'est pas grave tu sais...
    - Si... et il m'avait dit de le suivre.
    - Qui ça « il » ?
    - Je ne me souviens pas de son nom.

    Elle fermait les yeux et les tremblements s'accentuèrent, Sayo ne comprenait pas un mot de ce qu'elle disait.

    - Il est toujours avec moi, il m'aide et je ne lui ai pas obéit. Je suis sûre qu'il m'en veut, sanglota-t-elle en enfouant encore un peu plus sa tête entre ses jambes.
    - Mais comment ça se fait que tu ne te rappelles pas de son nom ?

    Les larmes reprirent, de sa voix enrouée elle répondit qu'elle ne le savait pas, qu'elle n'avait jamais réussit à retenir son prénom. La grande brune posa sa main prudemment sur son épaule, même si ça ne devait pas changer grand chose. Elle était si froide qu'elle sentait une chaleur immense dans la paume. Elle avait toujours eu cette peau blanche et glacée.

    Sayo ne savait pas quoi faire, elle se sentait impuissante et n'arrivait pas à quitter les lieux comme si de rien était. Même si elle finissait par s'éclipser, elle ne pourrait pas ignorer cet instant. Non seulement cette fille pleurait comme une jeune enfant, mais elle disait des choses étranges. De qui parlait-elle ?

    Elle n'entendit pas immédiatement le fameux « il » arriver. Ce fut le regard désespéré de la petite pleurnicharde qui l'alerta, quand elle tourna la tête, elle reconnu immédiatement cette façon de courir. En quelques secondes seulement, il se retrouva à côté des deux Day Class, se mettant à genoux, il avait un regard particulièrement inquiet.

    - Miki ! Miki ! Mais où étais-tu, je t'ai cherché dans toute l'académie ! angoissait Kenji en lui tenant les épaules.
    - Je... je suis désolée. A un moment j'étais avec toi, puis après je ne te voyais plus, ajouta Miki en continuant à verser quelques larmes.

    Sayo s'était relevée d'un bond, regardant avec stupeur la scène qui se dévoilait sous ses yeux d'habitude si inexpressifs.

    - J'étais mort d'inquiétude ! dit Kenji en serrant Miki dans ses bras d'une manière si puissante qu'on avait le sentiment qu'elle allait se briser sous sa force.
    - Je ne le referai plus, continua-t-elle en répondant à son étreinte.

    Ils restèrent un cours moment là, ce fut le chargé de discipline qui y mit fin quand il remarqua la présence de Sayo. Aidant à relever son amie, il la regardait d'un façon si douce, venant d'une personne aussi euphorique que lui, il semblait calme et reposé. Dans ce visage, Sayo y reconnut son frère quand ils étaient enfants. Il avait le même regard, elle le l'avait plus revu depuis si longtemps. Il lui manquait terriblement.

    - Bonjours, Tachibana-san. Que fais-tu là ?
    - Je... je me suis perdue moi aussi.
    - Très bien dans ce cas je vais te reconduire à ta classe, conclut-il en reprenant son sourire d'imbécile heureux. Oh, et je te présente Miki Fujiwara, elle est dans ma classe.

    Sayo se contenta d'hocher la tête, savoir qu'ils étaient dans la même classe ne lui importait pas le moins du monde, mais elle voulait savoir qui elle était. Pourquoi ne connaissait-elle pas son nom ? Kenji fit signe à Miki de commencer à marcher, qu'il la rejoindrait vite. Elle se mit à avancer d'un pas nonchalant en observant autour d'elle comme si c'était la première fois qu'elle arrivait ici.

    - Elle est amnésique.
    - Quoi ?
    - Depuis toujours, à cause de ce problème ses parents l'ont abandonnée et elle a grandit dans un orphelinat. Ce n'est pas une amnésie grave, elle retient beaucoup de chose, il faut juste lui donner du temps et de l'attention.
    - Mais elle ne se rappelle pas de ton nom, rappela Sayo en continuant de fixer Miki s'éloigner lentement.
    - Elle n'a jamais réussit, mais je continue de croire qu'un jour elle m'appellera « Kenji ».

    Il n'ajouta rien, probablement n'avait-il pas envie de parler d'elle maintenant. Il accéléra le pas pour se mettre à la hauteur de Miki, bientôt Sayo les eu rejoins. Il continuait de la regarder avec douceur, ses yeux dégageant toujours une grande chaleur ; et tandis qu'ils prenaient le chemin de leur classe, Sayo ferma les yeux et imagina son frère lui offrir la même chose.

    Ce même sourire.

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